Lancement du rapport national 2016 de suivi de la sécurité humaine au Bénin

 Un dispositif national de suivi et d’alerte

Le rapport national 2016 de suivi de la sécurité humaine au Bénin a été lancé à l’hotel Azalai de la plage de Cotonou le vendredi 2 mars 2018. Ce rapport met en relief les défis multidimensionnels de développement auxquels le Bénin est confronté et les efforts à déployer pour assurer la prospérité et l’épanouissement des béninoises et des béninois.

L’être humain est confronté de nos jours à des défis complexes aussi bien à l’échelle locale, nationale que planétaire. Le traitement parcellaire des problèmes ayant montré ses limites,  la sécurité humaine s’est imposée comme la voie de recours, l’approche globale qui prend en compte toutes les dimensions du développement. Il faut donc comprendre la sécurité humaine non pas comme la sécurité réduite au sens de sécurité d’Etat en tant qu’entité, mais plutôt comme la sécurité qui se rapporte à l’individu aux prises avec toutes sortes de difficultés de la vie. Opérationnalisée sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, la gouvernance basée sur la sécurité humaine consiste à satisfaire les besoins essentiels de l’homme et à le protéger contre les menaces graves et généralisées.

Sur cette base, le PNUD a identifié sept composantes principales à la sécurité humaine correspondant à des types de menaces spécifiques. Il s’agit de la sécurité économique,  alimentaire, sanitaire, environnementale, personnelle, communautaire et politique. Pour appréhender les manifestations des défis liés à ces menaces dans le contexte spécifique du Bénin, une étude technique est régulièrement réalisée par le Gouvernement avec l’appui du PNUD à travers le Projet d’Appui à l’opérationnalisation des Stratégies de Développement (PASD).

« L’avènement de ce rapport participe du dispositif national de suivi et d’alerte sur la sécurité humaine mise en place à la suite de la parution en 2011 du rapport national sur le développement humain au Bénin» a indiqué le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unis pour qui, il  s’agit d’une innovation importante dans le contexte africain dont le mérite revient au gouvernement du Bénin. Siaka Coulibaly a fait remarquer que les fondements de la sécurité humaine et les Objectifs de Développement Durable établissent des liens intrinsèques, se renforcent mutuellement et présentent une conception renforcée du développement durable. Pour cette raison, il a émis le vœu que ce  rapport soit  largement disséminé pour une appropriation généralisée de la sécurité humaine dont la mise en application approfondie permettra au Bénin d’atteindre les cibles prioritaires des ODD à l’horizon 2030.

La sécurité humaine vise à mettre les individus à l’abri de la peur et des besoins

 « Le  rapport qui nous réunit ce jour vient à point nommé pour guider nos actions » a renchéri le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération agissant en lieu et plan du Ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement. Pour Aurélien AGBENONCI, « la sécurité humaine vise à mettre l’individu à l’abri de la peur et des besoins ». Pour atteindre cet objectif, le Bénin devra encore fournir quelques efforts.  En effet, le rapport national 2016 de suivi de la sécurité humaine  révèle que 10 communes, sur les 77 que compte le Bénin, sont fortement touchées par l’insécurité humaine. Il s’agit des communes de Karimama, Ouèssè, Djakotomey, Banikoara, Toucountouna, Péhunco, Toffo, Boukombé, Gogounou et Cobly.

Pour ces communes  « des initiatives sectorielles à impact rapide seront déployées dans les meilleurs délais afin de couvrir l’essentiel des risques identifiés » promet le ministre des Affaires Etrangères et de la coopération. Le projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH), le projet d’accès rapide à l’eau potable pour tous d’ici à 2020, le programme de protection des couches vulnérables, le projet d’Appui à la promotion des services financiers, le projet de renforcement de la résilience des moyens de subsistance ruraux et du système de gouvernements locaux aux risques de la variabilité et des changements climatiques au Bénin etc. sont autant de réponses que le Gouvernement essaie d’apporter selon le ministre Aurélien AGBENONCI.

Le rapport de suivi de la sécurité humaine représente un précieux outil d’aide à la définition, la planification et la mise œuvre des stratégies de développement. Ce processus est généralement conduit à travers deux approches qui se renforcent mutuellement. La première approche est focalisée sur la protection de l’individu. Dans cette approche, les pouvoirs publics sont appelés à anticiper sur les mesures qui concourent à mettre fin aux différentes menaces identifiées dans le pays. La deuxième approche met l’accent sur l’autonomisation des communautés ou des individus menacés. On leur donne les moyens nécessaires pour développer une résilience accrue aux différentes menaces à la sécurité humaine. Dans le cas du Bénin, le rapport révèle un paradoxe.  La croissance économique que connait le pays ces dernières années n’a pas induit la baisse de la pauvreté à laquelle on devait s’attendre. Cette situation recommande que les politiques de développement prennent davantage en compte l’aspect prévention et assurent  une meilleure implication des couches vulnérables dans les canaux de redistribution de la richesse.

Le rapport national 2016 de suivi de la sécurité humaine au Bénin a été officiellement lancé par le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération en présence de ses collègues en charge de la sécurité publique et des affaires sociales, du Médiateur de la République, du coordonnateur résident des activités opérationnelles du Système des Nations au Bénin et d’un riche parterre de chefs de missions diplomatiques et consulaires, de représentants d’organisations internationales, de la société civile, de chercheurs et diverses autorités politiques et administratives.

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